27.07.2007
Sinophobite
26/03/2007
Un certain ras-le-bol des chinois m’habite ces derniers temps.
Cette exaspération se nourrit certes de leur propre racisme – racisme entendu non pas dans le sens où je sentirais une discrimination négative à mon égard (ils sont spontanément accueillants envers les étrangers et curieux de les connaître), mais en ce sens que lorsque je marche dans la rue, ce n’est pas un individu qu’ils voient, c’est un homme blanc. Et dans certaines parties de la Chine, l’homme blanc est encore un monstre, c’est-à-dire quelque chose qu’on se montre du doigt lorsqu’il vient à en passer un. On en est donc parfois réduit à n’être que cela, au mépris total de son individualité.
Mais la principale racine de ma sinophobite passagère, je la trouve dans leur manque d’esprit critique, dans leur apparente dépolitisation, dans l’inexistence entre eux de discussions un tant soit peu réelles, dans l’innocuité de leur discours, dans leur incapacité à s’informer réellement, à trouver d’autres sources d’information que celles ad usum stulti à leur disposition (incapacité liée à leur insuffisante maîtrise de l’anglais, elle-même liée à la déficience du système éducatif chinois en matière d’enseignement des langues). On ne développe pas chez eux la capacité de jugement. On ne veut pas faire d’eux des êtres autonomes et pensants, des citoyens au fond, mais des êtres dont l’imagination moribonde ne pourra jamais opérer une quelconque révolution ni, de ce fait, remettre en cause la légitimité des volontés du parti.
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Béance, un premier essai d'opus photographique
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Inde et ego
17 mars 2007 : Pourquoi l’Inde est-elle une expérience si bouleversante ?
Peut-être parce que quelque chose comme l’ego, ça n’existe pas en Inde, du moins ça n’existe pas de la même façon que l’ego européen. Il n’y a pas d’individus en Inde, il y a des corps qui vivent.
Je n’existe pas de la même façon qu’un indien, ou même qu’un chinois. Simplement parce que la culture dont je suis le produit me fait me penser de telle façon. Je me pense en tant qu’individualité, atome d’existence, avant de me penser comme molécule d’un ensemble, simple partie d’un groupe qui est le tout de mon identité, famille ou caste (comme le font une grande partie d’indiens).
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en chinois, "pastèque" se dit "xigua" et rien que de le dire on a envie d'en manger
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Guangzhou / Canton
10/02/2007 : Arrivée à Guangzhou.
Des autoroutes de béton aériennes sillonnent la ville, la privent de lumière. Arrivé à Shamian Dao (l’île de Shamian), pourtant, et une fois sur les quais de la Pearl River, calme et douceur. Il fait bon, on se sent bien. Les nombreux ponts traversants la rivière et les bateaux qui la parcourent, tous néons incandescents, rappellent la Seine, ainsi que Shamian Dao, grande île de la Cité.
En marchant, je pense à cette lettre que j’ai reçue en réponse à la mienne de mon ancienne professeur de latin, celle qui nous avait emmenés à Rome lorsque nous avions 14 ans. Nous dormions dans le couvent de la Trinité des Monts, au sommet de la Place d’Espagne. Le couvent possède un petit parc planté de pins ainsi qu’une terrasse le surplombant et jouxtant les chambres.
Dans sa lettre elle me demande comment elle aurait pu oublier celui (moi) qui a découvert la vue offerte depuis le couvent avec tant de ravissement. J’aurais dit : « C’est le plus beau paysage du monde ». J’essaye de me souvenir de ce moment. Je me vois disant ces mots de la terrasse ou d’une fenêtre donnant sur tout Rome. Au loin le dôme du Vatican. C’est le soir, une lumière jaune baigne les visages de ces élèves qui contemplent enfin cette Rome qui n’avait été jusqu’alors que livresque. Et je dis ces mots, que mon professeur, à côté de moi, entend, et qui l’emplissent de plaisir, de satisfaction.
Joie que j’éprouve en me repassant ce souvenir reconquis sur l’oubli. Assis à la terrasse d’un boui-boui cantonais où je viens de finir mon repas, je ne peux m’empêcher de sourire.
12/02/07 : Guangzhou. Je ne visite rien. Je marche. Je m’assois. Je lève la tête. Je suis simplement là. Je jouis de ma présence ici.
00:54 Publié dans CHINE | Lien permanent | Commentaires (0) | Envoyer cette note | Tags : chine, voyage, mémoire, rome



